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Révolution dans la vitrine, mars 2011.

Révolution dans la vitrine, mars 2011.

Trois solitudes, mars 2011.

Trois solitudes, mars 2011.

Rue Ontario, mars 2011.

Rue Ontario, mars 2011.

Marc/Freder →
L’improbable page 88.Encre rouge et bleue sur carnet Rhodia (48 pages, 24 feuillets / 7,5 x 12 cm).

L’improbable page 88.
Encre rouge et bleue sur carnet Rhodia (48 pages, 24 feuillets / 7,5 x 12 cm).

interface/flâneur

Fureteur, du latin ‘furittus’, signifiant petit voleur.

"Certes, le passant est l’homme sans qualités qui passe d’un univers de compétences à l’autre : le monde subjectif dans lequel il évolue, l’expérience de la vie sociale qui est la sienne, témoignent de l’épuisement des pensées du ‘‘soi-même’’ et des ontologies du sujet. Mais ces pensées s’étaient avérées incapables de rejoindre le monde dont il s’agit, ce monde que nous ne contemplons pas. Parce qu’elles demeuraient organisées autour de deux métaphores de l’autrui qui ne conviennent pas à l’expérience urbaine. D’un côté, aboutissement d’une ontologie du sujet, le drame de l’apparition : la figure de l’insomniaque et le thème de l’insupportable et inaccessible altérité avec ses conséquences imaginaires – l’assomption, jusqu’à l’écoeurement, de l’identité dans l’amour ou son implosion dans l’indifférence et l’évasion. De l’autre, le somnambule, être flottant et fragile, mobile et sans prise, dépendant d’autrui et de l’illusion de la familiarité qu’il lui assure. L’espace social du passant se construit précisément dans l’écart entre ces deux figures. Il n’est pas peuplé d’autruis et ses routines efficaces se déploient non dans l’espace de la familiarité, mais dans celui de l’étrangéité. L’hospitalité paradoxale et minimale que nous attendons d’un espace public urbain, espace de circulation susceptible d’être ‘‘visité’’ (Kant) par tout un chacun, et espace de rencontre avec l’étranger, veut qu’il soit accessible et nous offre des prises pour l’activité en cours, tout en ménageant la possibilité de se déprendre, d’évoluer dans un monde de liens faibles."
Joseph, Isaac. 1998. La ville sans qualités. Coll. «Société». Éditions de l’aube, p. 123-124.

Dits du somnambule. Présenté dans le cadre de la cinquième édition du Retour du flâneur (espace-thème: nuit - organisé par La Traversée - Atelier québécois de géopoétique), le 22 novembre 2010.

"Nous avons l’impression que l’hyperville est chaotique, et nous nous en débarrassons avec quelques adjectifs. Or l’hyperville n’est nullement une accumulation sans règles. Elle résulte d’une multitude de choix, qui sont tous rationnels, ou qui tendent à l’être, mais qui obéissent à des rationalités différentes, souvent en concurrence les unes avec les autres, en particulier dans le système de libéralisme sauvage qui est le notre. La multitude des interventions fait que le résultat pour le territoire tout entier est difficilement prévisible, cela d’autant moins qu’une partie des décisions relève de centres extérieurs, voire très éloignés."
André Corboz, La Suisse comme hyperville.

Ce qui pourrait disparaître

[200]

Avant hier, 20h et des poussières. J’ai enfilé ma veste de polar, mon manteau noir, pris mes gants – au cas où. Des courses à faire pour la smala. Avant de sortir, j’ai pris le sac de mon appareil photo – au cas où.

[404]

Personne ne peut affirmer sortir pour flâner – on ne peut toujours que passer en espérant attraper deux ou trois ficelles usées de réel afin de les nouer. Flâner se décline comme un à-côté, comme l’idéal d’une promenade – la flânerie est un devenir. Plus je passe, plus je comprends que je ne peux qu’être passant dans Hoche’élague.

[200]

Dans les rues, rien. Pas de voitures, pas même un Jules sur l’asphalte noir.

[200]

Au Metro, rue Ontario, une dame d’un certain âge, atteinte d’un certain trouble, gueule contre le gérant. 1.00$ de rabais ne lui a pas été soustrait de sa facture. « Repassez demain, madame, on va vous régler ça…  À c’t’heure-ci j’peux rien faire… »

[404]

Dans la ruelle Gît-rare, un calepin aux pages gonflées d’eau et de tristesse, repose près d’un pistolet en plastique – il faudrait dire un gun. C’est là tout ce que je parviens à déchiffrer : « Papa s’ennui de toi, tu est notre soleil (sic) […] Papa Erik, xXX » […] « donne juste / l’espace / pour exister ce soir / tu es seul mais un auteur / braque son gun / sur ta tempe donne lui / ce qu’il demande » (Patrick Lafontaine, Homa Sweet Home).

Dans la ruelle, un Jules, peut-être. Sa silhouette se profile dans le chemin qui se trouve derrière la coopérative d’habitation. M’accroupis, sors mon appareil photo. C’est moins le cliché du chat, à peine un contour, un cerne, que la fraîcheur de la pluie sur mes jointures qui importe. Clic. En retournant vers le PHQ, en provenance la rue Jeanne-d’Arc, la voix de Corey Taylor râpe la brique de la Saint-Vincent-de-Paul – Surfacing. Le Jules possible est allé se coucher en cuillère contre une courge butternut qui pousse dans un jardinet. Pas de miaulements-martyrs, mais qu’un simple matou couché sous la pluie.

[200]

Fragments impressionnistes pour ce qui s’est tu

[200]

Depuis des jours tu cherches, sur les trottoirs endeuillés de ton Hoche’élague, une question. Une question cachée sous les feuilles jaunies et déchiquetées qui s’amassent, sur les flancs de trottoirs usés, qui serait capable de te faire sortir d’Argie (IC, LVI), de te remettre en contact avec Hoche’élague – car tu en as été déconnecté et les feuilles, par milliers, se présentaient à toi comme des pages 404, 404, 404… de rues en ruelles, de parcs en intersections, de panoramas en recoins…

[404]

Il t’a fallu recommencer à marcher, mais marcher le cœur lourd, Réda te l’a appris (LRdP), est impossible. Il t’a fallu ne plus regarder en arrière et te constituer en passant : ne plus chercher la rencontre, seulement le contact – comme le doigt de W. effleure le doigt de C. (RB, Fd’uDA). Être dans l’effleurement « furtif, sans lequel je n’éprouverais pas la plus délicieuse des sensations. » (PS, DBUdlL).

[404]

Puis la langue d’Hoche’élague t’es revenue et s’est mise à ressembler à des pas enchaînés dans Raïssa (IC, LVI). Près du parc J-B, des gamins qui poussaient une boîte à savon – tuyaux de plomberie, ply wood et clous rouillés – s’émerveillaient d’une canne de peinture en aérosol : où l’utiliser? Le verdict est tranché par celui qui semble le leader du groupe : « C’est à Jimmy de choisir… c’est quand même lui qui l’a volée… » […] Adossée contre le mur graffité, une silhouette se collait un fix.

[404]

Chez Gerry’s, douze solitudes attablées.

[404]

À l’ombre du mat du stade, dans les replis de béton, des jeunes qui s’adonnent au parkour. D’autres, venus de Toronto et de Vancouver, se passent des bouteilles de Captain Morgan et de Jack – des voix à la Phil Anselmo planent au-dessus de la chair tendre d’Hoche’élague. Victoria, vu d’en-dessous le mat du stade est plus laid encore; dans son parc-labyrinthe, pourtant, il garde à l’abri certains charmes.

[404]

Sur le trottoir, devant l’appartement de Carole, un rassemblement de prénoms accompagnés de leurs histoires : Lassie, Serge, Madame Stephen, Stephen… Le prénom comme milieu.

[404]

Depuis que tu ne passes plus devant le chat du 2202 chaque matin pour te rendre à l’Université, tu croises maintenant le chat du 2059, avenue Valois – toujours couché sur la main-courante du balcon. De l’autre côté de la rue, Fidel se berce dans une chaise rongée par les saisons passées.

[404]

Freder fait pleurer son crincrin devant la boucherie. L’Ave Maria. Déjà, le froid d’octobre lui fait des gerçures à la main gauche. Son œil droit s’est éteint.

[200]

 

dérive I. spark.
Pour VW.
Les règles qui régissent les dérives sont simples:
1) Les billets de cette expérience d’écriture à quatre mains doivent être tagués dérive ainsi que série [insérer le numéro de la série].
2) Les billets dérive doivent être produits de façon alternative. À chacun son tour, en réponse au billet de l’autre. Chaque contribution sert à orienter la série en cours.
2) Chaque série comporte 8 éléments (textes, photos, sons, etc.) glanés sur le territoire d’Hoche’élague: quatre de Cerné, quatre de VW.
3) La première série débute avec cette photo, spark. La seconde débutera par une contribution de VW, et ainsi de suite.
4) Le nombre total de séries est indéterminé.
5) Les règles peuvent être modifiées à tout moment, sans préavis.
Lire la suite chez VW.

dérive I. spark.

Pour VW.

Les règles qui régissent les dérives sont simples:

1) Les billets de cette expérience d’écriture à quatre mains doivent être tagués dérive ainsi que série [insérer le numéro de la série].

2) Les billets dérive doivent être produits de façon alternative. À chacun son tour, en réponse au billet de l’autre. Chaque contribution sert à orienter la série en cours.

2) Chaque série comporte 8 éléments (textes, photos, sons, etc.) glanés sur le territoire d’Hoche’élague: quatre de Cerné, quatre de VW.

3) La première série débute avec cette photo, spark. La seconde débutera par une contribution de VW, et ainsi de suite.

4) Le nombre total de séries est indéterminé.

5) Les règles peuvent être modifiées à tout moment, sans préavis.

Lire la suite chez VW.

variations insomniaques II. jeanne-d’arc.
photo: benoit bordeleau

variations insomniaques II. jeanne-d’arc.

photo: benoit bordeleau

Déniché par KG

Terme sympathique déniché par KG: «Flâneur logoleptique».