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Tête de chaise, rue Ontario, février 2011.
photo: benoit bordeleau.

Tête de chaise, rue Ontario, février 2011.

photo: benoit bordeleau.

moins le quartier qu’un parcours

Avenue Valois. Un homme, marteau à la ceinture, lance un balai à son collègue de travail qui se tenait au balcon du premier étage. Nous échangeons un regard, puis un sourire. Je lui lance : « C’est de la précision, ça! » Et lui de me répondre : « Pas mal, hein? Guillaume Tell, c’est mon arrière-arrière-arrière-grand-oncle! » Des mots et des gestes, tout simples et sans grande importance, qui me reviennent chaque jour depuis deux semaines.

Pierre Sansot a déjà écrit que lorsque qu’on se retrouve dans l’obligation de saluer les gens qui se trouvent sur notre passage, c’est qu’on y reconnaît là un chemin.  Mes chemins, je les ai perdus depuis près de deux mois, enfermé dans un silence qui n’était rien d’autre qu’une absence à moi-même – et lorsqu’on n’est même pas présent à soi-même, impossible de l’être pour l’autre, exit l’empathie si nécessaire au flâneur. Mon quartier n’est pas défini par les frontières administrative d’Hochelaga – et cela, je le sais.

Mon quartier, ce n’est pas un quartier : c’est une série de fragments qui s’étire au fil de mes pas, de mes allées et venues entre l’appartement et l’Université, c’est là mon quotidien et là ce qui me fait écrire. Bien sot moi qui croyais pouvoir échapper à cette démarche qui depuis deux ans m’empêchait de tomber dans le silence du clavier : marcher, mais marcher vraiment, sans me laisser pousser par les obligations; noter, photographier; attendre; attendre en espérant cette étincelle qui vient lier ces bribes de villes – les faire rimer, diraient certains; m’asseoir, des heures, pour réduire ces notes à leur plus simple expression; ensuite évacuer les photographies pour n’en garder que le narrable, que le texte. J’ai voulu tourner les coins ronds en cesser de jouer de l’appareil photo : première erreur. Perdre son temps est la première nécessité.

Me voilà reparti, avec Guillaume Tell. Puis il y a cet homme aux mains noueuses et aux orbites creuses qui prendre chaque matin le même wagon de métro, station Joliette, pour ensuite s’enfermer dans une méditation trouble. Cette fille, aussi, qui a passé une vingtaine de minutes à s’appliquer du fond de teint au point d’en disparaître. La proprio du Mona Lisait qui s’étonne de voir les gens grossir au fur et à mesure qu’on progresse vers l’est, rue Ontario – c’est son œil de sociologue qui me l’a fait remarquer – et du no man’s land de la gare de triage de la CP – que je trouve pourtant charmante, à sa manière. Cette dame étonnamment droite pour son âge, du côté de Berri-UQAM, qui glisse sur les escaliers comme sur le Styx jusqu’à la ligne jaune…

Adam, Bourbonnière, Ontario, Valois, Rouen, Chambly. Joliette – Berri-UQAM. Mes réalités se jouent dans ces quelques rues et ces quelques minutes de roulis de wagons, chaque matin, chaque soir. C’est là mon chemin : des lignes brisées ponctuées de nœuds.

Une règle change : l’objet est moins un quartier qu’un parcours. Pas nécessairement celui dicté plus haut, mais bien celui qui fournit des balises au quotidien.





"Le dépanneur, le dépanneur… C’est comme le noeud social du désir!"
Propos entendus au coin des rues Bourbonnière et Ontario.
Berri-UQAM, février 2011.
photo: benoit bordeleau.

Berri-UQAM, février 2011.

photo: benoit bordeleau.




Berri-UQAM - silence, février 2011.
photo: benoit bordeleau.

Berri-UQAM - silence, février 2011.

photo: benoit bordeleau.

Berri-UQAM, février 2011.
photo: benoit bordeleau.

Berri-UQAM, février 2011.

photo: benoit bordeleau.

Métro, ligne verte, février 2011.
photo: benoit bordeleau.

Métro, ligne verte, février 2011.

photo: benoit bordeleau.




Rue Ontario, février 2011.
photo: benoit bordeleau.

Rue Ontario, février 2011.

photo: benoit bordeleau.

[re:]connect

Sur le mur de la ruelle jouxtant le 1919 Jeanne-d’Arc, un graffiti parmi d’autres: Ma mémoire est un pawn shop.

"L’étranger [ou le flâneur] n’est pas dupe du caractère naturel du monde de la vie qu’on lui soumet comme une donnée allant de soi. Il ne se laisse pas embobiner par la naïveté des ‘‘petites choses’’. Mais cette clairvoyance de l’étranger constitue aussi son drame, lorsqu’il prend conscience théoriquement de ce qu’il voudrait atteindre pratiquement : la vie quotidienne à laquelle il cherche à se mêler."
Bruce Bégout, La découverte du quotidien, p. 69-70.

empreintes

Cette année encore, suite à la première véritable bordée de neige, cette idée que l’hiver pourrait remplacer l’écriture - sans peine.

Et pourtant je signe ce rien qui se mue en un trop.

Dits du somnambule. Présenté dans le cadre de la cinquième édition du Retour du flâneur (espace-thème: nuit - organisé par La Traversée - Atelier québécois de géopoétique), le 22 novembre 2010.

dérive I. spark.
Pour VW.
Les règles qui régissent les dérives sont simples:
1) Les billets de cette expérience d’écriture à quatre mains doivent être tagués dérive ainsi que série [insérer le numéro de la série].
2) Les billets dérive doivent être produits de façon alternative. À chacun son tour, en réponse au billet de l’autre. Chaque contribution sert à orienter la série en cours.
2) Chaque série comporte 8 éléments (textes, photos, sons, etc.) glanés sur le territoire d’Hoche’élague: quatre de Cerné, quatre de VW.
3) La première série débute avec cette photo, spark. La seconde débutera par une contribution de VW, et ainsi de suite.
4) Le nombre total de séries est indéterminé.
5) Les règles peuvent être modifiées à tout moment, sans préavis.
Lire la suite chez VW.

dérive I. spark.

Pour VW.

Les règles qui régissent les dérives sont simples:

1) Les billets de cette expérience d’écriture à quatre mains doivent être tagués dérive ainsi que série [insérer le numéro de la série].

2) Les billets dérive doivent être produits de façon alternative. À chacun son tour, en réponse au billet de l’autre. Chaque contribution sert à orienter la série en cours.

2) Chaque série comporte 8 éléments (textes, photos, sons, etc.) glanés sur le territoire d’Hoche’élague: quatre de Cerné, quatre de VW.

3) La première série débute avec cette photo, spark. La seconde débutera par une contribution de VW, et ainsi de suite.

4) Le nombre total de séries est indéterminé.

5) Les règles peuvent être modifiées à tout moment, sans préavis.

Lire la suite chez VW.

variations insomniaques II. jeanne-d’arc.
photo: benoit bordeleau

variations insomniaques II. jeanne-d’arc.

photo: benoit bordeleau

Déniché par KG

Terme sympathique déniché par KG: «Flâneur logoleptique».