"Malgré l’encombrement évident (bloc-notes, crayons, carte postale, trombones) et la couche de poussière, la table de travail exerce toujours sur toi une attraction comparable à celle de la cave, du parc ou des rues désertes. Toute bête a son asile ou son abri. Toute bête, grégaire ou retirée, s’assure bien qu’un tel lieu existe toujours. On y vient pour y panser ses plaies, en admirer le luxe et parfois même pour y mourir. On peut aussi y venir sans nulle autre raison que celle imaginée d’un bonheur qui sans cesse recommence dès le premier moment où l’on entrevoit la laque, dès le premier mot."
Marcel Labine (1987) Papiers d’épidémie, Les Herbes rouges, Montréal, p. 79.
