"Comme il existe un paysage physique qui m’environne en permanence, il existe un paysage mental que j’emporte partout. Le premier paysage peut stimuler le second: “Dès qu’on s’aventure dans un paysage, un autre paysage affleure en nous-mêmes, composé de nos pensées, nos pressentiments, nos appréhensions.” Le paysage mental s’étend jusqu’où portent mes capacités. Il grandit en fonction de ce que j’apprends, rétrécit en fonction de ce que j’oublie. Tout ce que je peux dire ou faire dépend et dérive de ce paysage. Mais j’ai connu aussi des circonstances où il en va autrement. Alors quelque chose d’étranger à l’état du paysage mental se manifeste."

Jean-Pierre Issenhuth, Chemins de sable: carnet 2007-2009, Montréal, Fides, coll. «Carnets», 2010, p. 138-139.

Texte cité par Issenhuth: Jean-Pierre Otte, Celui qui oublie où conduit le chemin, Paris, Robert Laffont, 1984, p. 14.