Le 281, 2012.
"Habiter c’est, dans un espace et un temps donnés, tracer un rapport au territoire en lui attribuant des qualités qui permettent à chacun de s’y identifier. L’habiter est un fait anthropologique, c’est-à-dire qu’il concerne toute l’espèce humaine, il est un “trait fondamental de l’être” (Heidegger, 1958). Il s’exprime à travers les activités pratiques dans des objets meubles et immeubles il se saisit par l’observation et par le langage (la parole de l’habitant). Habiter ne se décline pas de la même manière selon les époques, les cultures, les genres, les âges de la vie; l’habitation est profondément marquée par ces différentes dimensions et présente une diversité dont seule une histoire pourrait rendre compte. En fait, on pourrait dire que si l’habiter est un phénomène général, il y a autant de manières d’habiter que d’individus. Dans nos sociétés, c’est la conjonction entre un lieu et un individu singulier qui fonde l’habiter. Dans les sociétés primitives il s’agit du lien entre le groupe et le lieu."
Marion Segaud, Anthropologie de l’espace. Habiter, fonder, distribuer, transformer, Armand Colin, coll. «U», 2e édition, Paris, 2010 [2007], p. 70.














