Life in a Pod L, 2014.

Life in a Pod L, 2014.

Réseau de trains de banlieue, 2014.

Réseau de trains de banlieue, 2014.

Le câlin, 2013.

Le câlin, 2013.

Life in a Pod XXXIX, 2013.

Life in a Pod XXXIX, 2013.

Sudoku, moue & confort, ligne verte. 2013.

Sudoku, moue & confort, ligne verte. 2013.

Bâtir votre entreprise, 2013.

Bâtir votre entreprise, 2013.

Question d’échelle, 2013.

Question d’échelle, 2013.

Les dormeuses VI, 2013.

Les dormeuses VI, 2013.

"Les souterrains du métro, un JE tout rouillé se couvre peu à peu de poussière. D’une importance non négligeable est toutefois aussi la caisse cadenassée portant l’inscription EN SERVICE."
Kral, Petr. 2012. Cahiers de Paris. Journal 1968-2006. Paris: Flammarion, p. 15.
L’UdeM au croisement de la ligne verte et de la ligne orange. 23:00.
Pour des raisons pratiques, les activités de 'notes de terrain' se poursuivront désormais sur Hoche'élague, du côté de WordPress. →

Nowhere

[Série 8. Suite de En route vers le YMCA des pongistes (ambiances sonores).]

« Now here ». Le 17 novembre, le cahot du wagon de métro a eu raison de nulle part pour lui faire rejoindre l’ici maintenant. Il y a de ces espaces qui apparaissent inopinément, dans le carnet, et qui vous fendent le corps pour vous ramener à une époque où l’on se baladait dans les champs l’été, en mâchonnant un brin de foin ou une fleur de trèfle rouge, ou bien l’hiver, à pister les rats des champs et les lièvres. Une époque où, sur le bord du chemin de Montréal, on ne se demande même pas si la route mène ailleurs, mais n’est qu’un nom se jouant de la ritournelle, ressassée tant et tant qu’aucune matière ni pensée n’y adhère. « Nowhere ».

Mais on ne se doute pas qu’un après-midi de novembre, dans ce nulle part, on donnera un concert de chairs mêlées et tendres. On ne se doute pas qu’il ne restera de ce moment que la lumière dorée filtrant à travers les rideaux de velours, un souffle chaud sur la nuque, le goût de la sueur sur nos lèvres, le tout lié par un regard complice. On ne se doute pas du rythme effarant du cœur qui rejoindra celui d’une marche, tranquille.

J’ai récupéré une chocolatine au café de la fin du monde, sis dans le no man’s land du parc Frontenac. C’aurait dû être banal : les dents qui traversent le feuilleté, gras d’huile de palme, avant de trouver plus ou moins de résistance en touchant le lit de chocolat. C’est plutôt les images d’un salon de coiffure hullois qui remontent le cours des papilles, avec ses odeurs de spray net, de teintures, de vernis à ongles sur fond de tabac humide… Une symphonie de lames et de discussions entrecoupées sur le temps qui passe et qui ne passe pas. Des enfants patients qui, autour d’un plateau de viennoiseries, regardent des revues où les hommes ont un look New Kids on the Block ou MC Hammer, c’est selon. À la radio, Black or White tourne en boucle. Dans une pièce aux murs de plâtre, un garçon se fait percer l’oreille gauche.

L’enseigne au néon crépite dans la vitrine.

Comète au latex, 2012.

Comète au latex, 2012.

Life in a Pod XXXVIII, 2012.

Life in a Pod XXXVIII, 2012.

Planète mobile / rabais de la semaine, 2012.

Planète mobile / rabais de la semaine, 2012.