Bâtir votre entreprise, 2013.

Bâtir votre entreprise, 2013.

Question d’échelle, 2013.

Question d’échelle, 2013.

Les dormeuses VI, 2013.

Les dormeuses VI, 2013.

"Les souterrains du métro, un JE tout rouillé se couvre peu à peu de poussière. D’une importance non négligeable est toutefois aussi la caisse cadenassée portant l’inscription EN SERVICE."
Kral, Petr. 2012. Cahiers de Paris. Journal 1968-2006. Paris: Flammarion, p. 15.
L’UdeM au croisement de la ligne verte et de la ligne orange. 23:00.
Pour des raisons pratiques, les activités de 'notes de terrain' se poursuivront désormais sur Hoche'élague, du côté de WordPress. →

Nowhere

[Série 8. Suite de En route vers le YMCA des pongistes (ambiances sonores).]

« Now here ». Le 17 novembre, le cahot du wagon de métro a eu raison de nulle part pour lui faire rejoindre l’ici maintenant. Il y a de ces espaces qui apparaissent inopinément, dans le carnet, et qui vous fendent le corps pour vous ramener à une époque où l’on se baladait dans les champs l’été, en mâchonnant un brin de foin ou une fleur de trèfle rouge, ou bien l’hiver, à pister les rats des champs et les lièvres. Une époque où, sur le bord du chemin de Montréal, on ne se demande même pas si la route mène ailleurs, mais n’est qu’un nom se jouant de la ritournelle, ressassée tant et tant qu’aucune matière ni pensée n’y adhère. « Nowhere ».

Mais on ne se doute pas qu’un après-midi de novembre, dans ce nulle part, on donnera un concert de chairs mêlées et tendres. On ne se doute pas qu’il ne restera de ce moment que la lumière dorée filtrant à travers les rideaux de velours, un souffle chaud sur la nuque, le goût de la sueur sur nos lèvres, le tout lié par un regard complice. On ne se doute pas du rythme effarant du cœur qui rejoindra celui d’une marche, tranquille.

J’ai récupéré une chocolatine au café de la fin du monde, sis dans le no man’s land du parc Frontenac. C’aurait dû être banal : les dents qui traversent le feuilleté, gras d’huile de palme, avant de trouver plus ou moins de résistance en touchant le lit de chocolat. C’est plutôt les images d’un salon de coiffure hullois qui remontent le cours des papilles, avec ses odeurs de spray net, de teintures, de vernis à ongles sur fond de tabac humide… Une symphonie de lames et de discussions entrecoupées sur le temps qui passe et qui ne passe pas. Des enfants patients qui, autour d’un plateau de viennoiseries, regardent des revues où les hommes ont un look New Kids on the Block ou MC Hammer, c’est selon. À la radio, Black or White tourne en boucle. Dans une pièce aux murs de plâtre, un garçon se fait percer l’oreille gauche.

L’enseigne au néon crépite dans la vitrine.

Comète au latex, 2012.

Comète au latex, 2012.

Life in a Pod XXXVIII, 2012.

Life in a Pod XXXVIII, 2012.

Planète mobile / rabais de la semaine, 2012.

Planète mobile / rabais de la semaine, 2012.

9h00. Ligne verte. Les wagons sont immobilisés sur les rails depuis deux bonnes minutes. Les portes s’ouvrent et se referment avec un bruit de conserves entrechoquées. Eux, sur le quai, n’ont rien remarqué. Ils poussent quelques grognements de temps à autres, en pointant quelque grand titre du journal Metro. Par trois fois les portes se sont refermées. Il y avait cet homme et puis le sac qu’il a voulu rattraper alors qu’il l’échappait sur le quai. Les tempes et le cou meurtris. Le métro, c’est la nouvelle guillotine. [Image source: @bbordeleau]

9h00. Ligne verte. Les wagons sont immobilisés sur les rails depuis deux bonnes minutes. Les portes s’ouvrent et se referment avec un bruit de conserves entrechoquées. Eux, sur le quai, n’ont rien remarqué. Ils poussent quelques grognements de temps à autres, en pointant quelque grand titre du journal Metro. Par trois fois les portes se sont refermées. Il y avait cet homme et puis le sac qu’il a voulu rattraper alors qu’il l’échappait sur le quai. Les tempes et le cou meurtris. Le métro, c’est la nouvelle guillotine. [Image source: @bbordeleau]

Mais que faut-il pour que cela ressurgisse des cendres? Il faudrait d’abord un nom qui, nous l’espérons, ait des assises solides et qui soit en mesure de faire vibrer le corps jusqu’à la moelle. Il faudrait un nom qui soit capable d’enlacer, qui ne soit pas de verre ou de pierre, qui ne soit pas que fissures et dédales. Aujourd’hui, il ne reste qu’un autocollant sur une planche de bois pressé pour faire descendre dans les rues un souhait, tandis que sur l’herbe sèche, mouettes et pigeons s’entredévorent. [Image source: @Kev_Co]

Mais que faut-il pour que cela ressurgisse des cendres? Il faudrait d’abord un nom qui, nous l’espérons, ait des assises solides et qui soit en mesure de faire vibrer le corps jusqu’à la moelle. Il faudrait un nom qui soit capable d’enlacer, qui ne soit pas de verre ou de pierre, qui ne soit pas que fissures et dédales. Aujourd’hui, il ne reste qu’un autocollant sur une planche de bois pressé pour faire descendre dans les rues un souhait, tandis que sur l’herbe sèche, mouettes et pigeons s’entredévorent. [Image source: @Kev_Co]

Points […] en tunnel, 2012.

Points […] en tunnel, 2012.

Trottoir barré, 2012.

Trottoir barré, 2012.

Puisque nous ne sommes rien / rien d’autre que de la viande, 2012. Poème trouvé en ruelle hochelagaise.

Puisque nous ne sommes rien / rien d’autre que de la viande, 2012. Poème trouvé en ruelle hochelagaise.